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Garder une ambition de filière forte

L’été 2018 n’aura pas épargné la filière betteravière française.
Sécheresse, interdiction française des néonicotinoïdes, assimilation des NBT aux OGM, poursuite de la chute des cours du sucre… Nous sommes entièrement mobilisés sur l’ensemble de ces menaces qui bousculent notre filière.

Le gouvernement français, au-delà de Nicolas Hulot, a fait de l’interdiction des néonicotinoïdes une question de symbole, laissant plusieurs filières dans l’impasse, et des agriculteurs en difficulté. Le sujet n’est simple pour personne que ce soit en France pour les autres cultures, ou même dans les autres pays betteraviers. La CGB s’est investie aux côtés de l’ITB pour trouver des solutions.

L’homologation rapide de la flonicamide qui permet de lutter contre les pucerons – bien que plus imparfaitement et moins longuement que les néonicotinoïdes – est une priorité. Il s’agira ensuite d’avoir les bons réseaux de surveillance pour pouvoir l’appliquer au bon moment. Nous devons toutefois accentuer notre recherche de solutions pour protéger le plus efficacement possible nos betteraves contre les ravages de la jaunisse. A l’heure où la pression sur les produits de protection des plantes est forte, l’importance de la semence s’en trouve accrue. Et c’est à ce titre que l’assimilation des NBT aux OGM risque de freiner l’innovation variétale à laquelle la filière est condamnée pour répondre à des exigences environnementales et économiques renforcées.

L’homologation rapide de la flonicamide est une priorité

En outre, l’été a été agité par les turbulences au sein du groupe Tereos qui s’est traduit par la démission de 70 administrateurs pour divergences d’opinions sur la gouvernance de leur coopérative et l’exclusion de trois agriculteurs. La CGB souhaite que cette situation s’apaise le plus rapidement possible. Mais cet apaisement ne pourra pas intervenir tant que ces agriculteurs n’auront pas retrouvé la pleine jouissance de leur outil de travail. Il est incontestable que ces 3 planteurs ne peuvent rester dans les difficultés auxquelles ils sont confrontés. C’est pourquoi j’ai proposé que le bureau de la CGB rencontre le conseil de surveillance de Tereos dès que possible. Il nous faut sortir par le haut de cette situation.

Plus globalement, la conjoncture actuelle plonge agriculteurs et sucriers dans une situation difficile. Il est essentiel que le dialogue reste fort entre nous et que, dans le cadre de notre interprofession nous continuions à développer un projet de filière ambitieux.

ÉRIC LAINÉ