Accueil / Edito / À quand l’État dans le contrat de solutions ?

À quand l’État dans le contrat de solutions ?

Le 11 juillet dernier, les quarante partenaires du contrat de solutions (dont la CGB) ont présenté lors d’une conférence de presse l’engagement des agriculteurs et  des betteraviers pour construire une trajectoire de progrès pour la protection des plantes, basée sur des solutions concrètes et efficaces sur l’ensemble du territoire français. Dans ce cadre, la profession s’est engagée à soutenir la recherche de solutions innovantes, à déployer les solutions existantes et à valoriser l’engagement des acteurs agricoles dans de nouveaux modèles de production.

Parmi les 300 solutions disponibles identifiées, les partenaires ont décidé d’en porter 36 dans le cadre de ce premier contrat de solutions. Une fiche porte sur l’utilisation de variétés tolérantes aux maladies  foliaires de la betterave  sucrière. Dans ce cadre, il est proposé de se donner pour objectif d’utiliser ce type de variétés sur 50 % des surfaces (au lieu de 37 % actuellement) à l’horizon 2021, et sur 60 % des surfaces d’ici 7 ans, en améliorant la productivité de ces variétés dans tous les environnements (c’est le sujet sur lequel travaillent actuellement les obtenteurs) et en assurant une meilleure communication autour des avantages de ces variétés. Cela permettra ainsi de réduire tendanciellement l’IFT fongicide de nos betteraves, malgré les pressions maladies qui pourront varier d’une année sur l’autre.

Il est urgent que le gouvernement écoute ses betteraviers

En 30 ans, les betteraviers ont divisé par 2 l’utilisation de fongicides à l’hectare. La profession est ainsi clairement organisée pour améliorer ses pratiques ! Et elle entend poursuivre ses efforts de manière résolue et pragmatique. Il faut maintenant que les autorités publiques nous accompagnent vraiment dans ces démarches et ne viennent pas briser cette dynamique qui entend allier économie et environnement.

Les partenaires du contrat de solution demandaient que les autorités publiques s’engagent au travers d’un soutien financier pour la recherche et la mise en œuvre des solutions dans les exploitations et les filières, mais aussi pour avoir plus de visibilité réglementaire. Pour le moment, c’est une fin de non-recevoir ! Faut-il rappeler que ce n’est qu’en travaillant ensemble que l’on arrivera à bâtir une agriculture performante et durable.

Il est maintenant urgent que le gouvernement écoute ses betteraviers quand ils proposent une logique de solutions sur les néonicotinoïdes. Nous venons de confirmer  notre demande d’une dérogation d’utilisation des néonicotinoïdes en enrobage de semences, tout en donnant des gages sur les pratiques et en réaffirmant notre recherche active de solutions alternatives. La profession fait preuve d’un sens absolu des responsabilités. Nous appelons à nouveau nos décideurs politiques à faire de même et à saisir la main que nous leur tendons pour entrer dans une logique de solution et éviter aux agriculteurs de se trouver définitivement dans des impasses.