Accueil / Edito / Anticiper

Anticiper

Au  niveau mondial, les bonnes estimations de récoltes dans de nombreux pays, et la baisse du Réal entraînant celle du prix du sucre en dollar n’augurent rien de bon dans l’immédiat. En revanche, il existe quelques signes positifs au niveau européen, avec un raffermissement du prix du sucre, notamment grâce à une baisse signifi cative des surfaces, et donc des stocks. L’Europe bénéficie en effet d’un avantage sur les autres grands producteurs mondiaux de sucre. Parce qu’elle produit du sucre à partir de la betterave, l’Europe dispose d’une réactivité annuelle que les pays producteurs de canne ont beaucoup moins.

Le contexte économique du secteur sucre reste donc particulièrement tendu. Cette tension était palpable lors du congrès de la confédération internationale des betteraviers européens (CIBE) à Berlin. Car aucun groupe sucrier n’échappe à cette situation diffi cile en Europe. Malgré ce contexte lourd, il nous faut surtout nous projeter vers l’avenir en anticipant les échéances qui nous incombent à court terme – la fin des quotas – mais aussi les perspectives de marché à moyen terme. En effet, n’oublions pas que la consommation mondiale de sucre croît chaque année de 2 à 3 Mt et qu’aux années excédentaires succéderont des années de défi cit. C’est le cycle du sucre.

Ne nous focalisons donc pas uniquement sur les aspects conjoncturels, mais tirons plutôt les leçons de cette situation que nous traversons en cherchant à améliorer notre seuil de rentabilité pour, demain, limiter encore plus l’impact des années difficiles. Pour cela, il faut être économe de nos moyens dans nos entreprises agricoles et industrielles et disposer des outils de gestion des risques indispensables face à la volatilité des prix.

Il nous faut également poursuivre nos démarches pour le développement des débouchés de la betterave avec en particulier le marché du bioéthanol en Europe. Mais surtout, et c’est ce qui ressortait des échanges du Congrès de Berlin, l’avenir se préparera à deux – planteur et fabricant – ou pas du tout. Et les deux mots les plus employés à Berlin pour caractériser cette nécessaire relation interprofessionnelle forte ont été Equité et Transparence.