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Climat

Pour la première fois, l’agriculture est prise en compte comme une solution dans les négociations de l’ONU sur les changements climatiques, qui ont lieu actuellement, en préparation de la Conférence climat de Paris fin novembre.

Même si la France est loin d’être la plus affectée dans le monde, les changements climatiques sont déjà une réalité pour les producteurs de grandes cultures français, avec la stagnation des rendements céréaliers depuis le début des années 2000. La betterave est l’une des rares cultures à voir son métabolisme stimulé, et non freiné, par ces phénomènes climatiques, ce qui permet à notre filière de se projeter dans le futur avec une plus grande sérénité. Pour autant, il reste des verrous scientifiques et technologiques à lever, d’une part, en raison de la recrudescence de certains bioagresseurs dans les années à venir, d’autre part, en raison de la course à la compétitivité avec la canne à sucre – une espèce cultivée dans des régions particulièrement affectées par le
réchauffement climatique.

L’agriculture a un atout majeur, celui d’être une solution au problème climatique : en faisant évoluer les pratiques culturales, non seulement elle a la capacité de stocker du carbone dans les sols, mais dans le même temps, ce stockage améliore la fertilité de ceux-ci, donc contribue à la sécurité alimentaire de la population mondiale. Cette tendance positive est déjà en marche grâce à l’amélioration des itinéraires culturaux et au progrès dans les conduites des élevages : les émissions de GES du secteur de l’agriculture et des forêts ont baissé de 12 % depuis 1990 en France.

Quant aux biocarburants, ils font eux aussi partie de la solution en se substituant aux carburants issus de la pétrochimie dans le transport automobile, point noir des émissions de gaz à effet de serre. Ils pourraient permettre une réduction des émissions de 40 Mt CO²eq/an à l’horizon 2030 sans pour autant affecter la sécurité alimentaire s’ils sont conduits de façon durable. A condition que la Commission européenne fixe des objectifs sur les énergies renouvelables dans les transports à 2030, dans la continuité de ceux fixés pour 2020.