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Compétitivité

On ne peut que se réjouir de la bonne santé financière de nos fabricants, et plus particulièrement des deux groupes coopératifs français.

Comme les planteurs, les fabricants se sont préparés à faire face à la fin des quotas. Leur stratégie est fondée sur l’amélioration de leur compétitivité, sur la capacité à bien commercialiser leurs produits et l’acquisition d’une taille critique pour conquérir de nouveaux marchés. Une stratégie de long terme qui devrait apporter le meilleur revenu possible aux agriculteurs. Car, si les fabricants veulent repartir à la conquête des marchés mondiaux,  après avoir été bridés par les quotas, ils devront faire en sorte que les planteurs les accompagnent. Pour cela, ils devront veiller à ce que la betterave soit toujours bien placée dans la hiérarchie des marges par rapport aux autres cultures de nos assolements.

Cette année, les agriculteurs ont répondu présents en augmentant leurs surfaces de 20 %. Mais attention ! Les planteurs ont des coûts de production qui augmentent tous les ans de 0,7 % en moyenne depuis 2009. Heureusement, les prix de la betterave devraient être corrects pour 2016-2017.

La bonne santé financière des planteurs est indispensable si l’on veut des fabricants conquérants

Cependant, les cours mondiaux du sucre plongent depuis ces dernières semaines, et il est bien difficile de savoir à quel niveau ils seront dans le futur. C’est pour cela qu’il est impératif de mettre en place des outils de gestion des risques efficaces, comme l’instrument de stabilisation du revenu (ISR) spécifique au secteur betteravier.

La betterave doit rester une culture avec une marge suffisamment attractive pour les agriculteurs. Elle doit continuer à être le socle de nos exploitations et participer à leur résilience. La bonne santé financière des planteurs est indispensable si l’on veut des fabricants conquérants.

L’intérêt de la filière toute entière, c’est aussi de produire un maximum de sucre. Il faut donc faire attention à ne pas démarrer trop tôt les arrachages. Je demande donc aux fabricants de bien prendre en compte cet élément avant de fixer la date d’ouverture des usines. L’objectif des agriculteurs est d’être payés par rapport à leur rendement, et non pas de toucher des indemnités pour arrachage précoce !

Le travail en interprofession sur l’ensemble de ces sujets est indispensable si l’on veut créer de la valeur dans notre filière et la répartir équitablement.