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Confiance et exigence

Que les planteurs de Cagny et d’Eppeville rachètent ou non les sucreries que
Südzucker souhaite fermer, 9 betteraves sur 10 seront transformées par des outils appartenant aux agriculteurs français dès la récolte 2020. Ce chiffre est à mettre au crédit de notre filière, car les planteurs ont réussi à s’organiser pour structurer un secteur d’activité qui nécessite un investissement financier lourd.

Ce n’est toutefois pas la fin de l’histoire, car la responsabilité du bon fonctionnement de notre secteur est maintenant entre nos mains. Au moment où le modèle coopératif est très durement attaqué – encore récemment par plusieurs parlementaires – il est de la responsabilité des
agriculteurs que leurs entreprises sucrières fassent référence. Car ce statut spécial, dont bénéficient nos coopératives, est un véritable atout pour cultiver une vision à long terme pour assurer le développement de la valeur
ajoutée indispensable à nos territoires et nos exploitations.

Nos coopératives sont aujourd’hui soumises à des exigences accrues avec des conditions de marché plus concurrentielles et volatiles : plus de démocratie locale, plus de transparence sur la gestion de l’entreprise et sur la rémunération des apports sont absolument incontournables.
Certes, il y a la crise de gouvernance chez Tereos et la CGB appelle à une large mobilisation pour les élections afin qu’elles permettent à l’entreprise de repartir de l’avant.

« L’avenir de notre filière passera par une relation de travail restaurée entre coopération et syndicalisme »

Mais alors que vient de se clore l’Assemblée Générale de la CGB Limagnes, je tiens à revenir sur ce que j’ai entendu comme étant une vive amertume quant à l’engagement coopératif auprès des territoires. La fermeture de la sucrerie de Bourdon annoncée par Cristal Union peut être comprise au regard d’éléments purement économiques liés aux conditions de marché, à la taille de l’usine, aux durées de campagnes ou encore aux difficultés agronomiques rencontrées depuis trois ans. Mais l’enjeu est ailleurs. La coopérative est revenue sur son engagement d’accompagner les betteraviers auvergnats pendant au moins 10 ans en annonçant cette fermeture dès le 1er exercice déficitaire. Ajoutons que cette fermeture annoncée très brutalement ne permet pas aux agriculteurs de trouver un plan B, il faut donc que la coopérative accompagne ses adhérents vers un nouveau projet ! Quitte à ce que cela prenne plus de temps…

La CGB est pleinement mobilisée pour que toutes les solutions soient trouvées et étudiées pour les betteraviers auvergnats en partenariat avec Cristal Union, les représentants politiques locaux et nationaux et toutes les parties prenantes. Plus globalement, je souhaite rappeler que l’avenir de notre filière passera par une relation de confiance et de travail restaurée
entre coopération et syndicalisme.
C’est tout l’objet du Pacte sur lequel nous allons approfondir nos travaux en vue de notre Assemblée Générale pour la fin de l’année.