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Construire un avenir au sud de Paris

La fermeture d’une sucrerie crée un séisme sur le territoire, un choc pour les salariés, un drame pour la vie locale, un bouleversement pour les planteurs concernés.

Si l’ombre de la restructuration planait depuis des décennies sur le sud de Paris, la pression est revenue rapidement en début d’année après que Saint Louis Sucre a ouvert la « boîte de pandore des restructurations » !

En 2017, les planteurs ont soutenu massivement leurs industries sucrières en augmentant leurs surfaces. Avec 110 jours de campagne à Toury et à Pithiviers, nous pensions être sur la bonne trajectoire pour préserver les outils de notre région du Centre-Val de Loire, où la capacité industrielle devait être un atout d’adaptation dans ce monde libéral et impitoyable !

Aujourd’hui, la coopérative Cristal Union en a décidé autrement mais, contrairement à ce qu’il est parfois dit, la fermeture de Toury n’est pas seulement un sujet social. C’est aussi un sujet agricole, en toute humilité avec ce que vivent les planteurs de Bourdon. Contrairement à eux, nous avons la chance que notre bassin soit préservé : tous les planteurs pourront être « reclassés » dans une des autres usines du groupe.

Malgré tout, le projet de fermeture de la sucrerie de Toury inquiète quant à ses répercussions. En premier lieu, l’allongement des campagnes mais aussi la perte de la distillerie au profit d’autres bassins et de l’activité vinasse, débouchés non négligeables de la filière. Ne perdons pas le cap de l’enjeu territorial de nos coopératives, passé parfois au second plan dans ce contexte économique de compétitivité. Les planteurs du sud de Paris, très mobilisés par l’avenir de la betterave dans leur bassin, attendent des réponses aux nombreuses questions qu’ils ont posées lors des différentes réunions organisées ces dernières semaines. Toujours est-il qu’ils n’entendent pas porter seuls toutes les conséquences et tous les efforts de la restructuration. Ils sont en attente d’innovations sur les réceptions, sur les stockages de longue durée et même sur des optimisations logistiques au-delà des seules usines du groupe. A nous de construire le nouveau projet du sud de Paris, afin que chaque planteur retrouve sa fierté de producteur de betteraves.

Notre filière betteravière est certes ébranlée mais nous nous devons de réagir, rebondir et continuer à être force de proposition. C’est dans cette optique que la CGB œuvre sur les projets de reprise des usines Saint Louis Sucre, se mobilise pour imaginer des solutions à la poursuite d’activités, sucrières ou non, sur les sites de Bourdon et de Toury, dans l’intérêt agricole local. Pour tenter de trouver de nouvelles perspectives à la filière, la CGB renouvelle également ses propositions d’outils de gestion des risques au niveau de l’Interprofession et porte auprès du gouvernement la mise en œuvre d’un plan de filière.

Alexandre Pelé,
Président de la CGB Centre-Val de Loire