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Cours du sucre en avril : toujours stable…

Concernant le marché du sucre, le mois d’avril a été très similaire à celui de mars. Le sucre brut s’est maintenu entre 12,5 et 13,0cts/lb, mais l’expiration du terme de mai s’est fait davantage autour de12,0cts/b, ouvrant la voie à un léger décrochage aux premiers jours de mai.

Le sucre raffiné a gagné un petit 3%, mais il s’agit plus d’une correction qu’un vrai mouvement : il termine le mois à 340 US$/t, permettant à la prime de blanc (la différence entre le sucre brut et le sucre raffiné) de se redresser après avoir atteint les 50 US$/t, un record de faiblesse, début avril !

Début avril, l’analyste FoLicht a revu son estimation de bilan mondial pour 2018/2019 : le déficit mondial est bien bas(-0,2Mt !), avec une production indienne aussi conséquente que l’an passée. Il a aussi publié sa première estimation pour 2019/2020, avec un déficit mondial anticipé à 1,5Mt. Plus tard dans le mois, le négociant Sucden a publié sa version de la situation : un léger surplus en 2018-2019 mais un déficit plus prononcé (-2,5Mt) sur la campagne en cours.

Mais, ici encore, les fondamentaux ne sont pas les seuls à agir. Le pétrole a gagné 6% sur le mois (avant que le Brent ne repasse temporairement sous les 70US$/baril aux premiers jours de mai), ce qui a donné des couleurs à l’éthanol brésilien. En théorie, cela doit permettre au sucre de se redresser (car il s’agit d’un débouché concurrent pour la canne brésilienne). Manque de chance, la monnaie brésilienne a elle, perdu 2%, et a même atteint les 3,97BRL/US$ le 24 avril, un niveau bien bas que l’on n’avait pas vu depuis les dernières élections dans le pays. Cela a limité la progression du sucre ; c’est en tout cas l’opinion des spéculateurs qui accompagnent, et crée, le mouvement : ils sont à nouveau vendeurs nets de 4Mt de sucre.

Les bonnes nouvelles sont à chercher du côté des termes plus éloignées : l’échéance du sucre brut, sur juillet 2020, est supérieure de 1,5cts/lb que celle de juillet 2019 : c’est 10-15% au-dessus… En espérant que ce soit le début.

Côté Europe, le mode de contractualisation entre sucrier et acheteurs de sucre empêche toujours de profiter de la faiblesse des stocks européens : on devrait terminer la campagne avec des stocks inférieurs de moitié à leur niveau moyen 5 ans, et l’année prochaine, l’Europe devrait importer plus qu’elle n’exportera ! Mais les prix sont stables, à part sur les prix spots qui ne représentent que peu de volumes, mais sont 25% au-dessus des cours actuels… et encouragent les importations. Un comble !