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Cours du sucre en mars : peut-on appeler cela stabilité ?

En mars, les cours du sucre bruts sont restés stables, autour de 12,5 cts/lb. Mais à y regarder plus en détail, on perçoit des modifications à l’œuvre sur le marché, en l’absence, pourtant, d’information nouvelle sur les fondamentaux.

Le pétrole a gagné 2% : il termine le mois au-dessus de 67 US$/baril (et même proche des 70 US$ la première semaine d’avril), mais sans impacter l’éthanol brésilien, qui a perdu 4% en Réal. Bien sûr, cette baisse est à mettre directement en lien avec l’ouverture de la campagne brésilienne, mais également de la monnaie du pays. En effet, le Réal a perdu plus de 2%, et il a même frôlé les 4 BRL/US$ le 28mars avant de se reprendre : c’est un plus bas, jamais atteint depuis septembre, et qui semble annuler l’effet de l’élection du nouveau président… Cette mauvaise tenue du Réal impacte le ressenti du marché du sucre par les Brésiliens : libellé en Réal, le sucre roux a ainsi gagné 5% !

Avec une moindre valeur de l’éthanol et un sucre qui gagne en Réal, les spéculateurs peuvent s’attendre à ce que la campagne, qui vient d’ouvrir mais dont les premiers enseignements ne seront disponibles qu’à compter du 15 avril, s’orientent en faveur du sucre. Ils ne s’attendent donc pas à une reprise – et contribuent ainsi à ce qu’elle ne se produise pas : ils sont nets-vendeurs de plus de 6,5 Mt !

Du côté des bonnes nouvelles, on notera la forte différence entre les différents termes : pour le sucre roux, la différence entre celui de mai prochain et celui de mars 2020 est de 1,5 cts/lb.Une telle différence ne s’était pas vue depuis août dernier, avant que le marché ne passe la marche de 10 à 12 cts/lb.

L’autre nouvelle concerne la prime de blanc : autour de 50 US$/t, une valeur historiquement basse, et qui montre un potentiel de gain pour le sucre blanc. C’est bienvenu : il a perdu 6% sur les derniers jours d’avril et affiche un petit 330 US$/t, soit tout juste 290 €/t.

Du côté européen, les valeurs basses du sucre contracté semblent là pour durer : les prix de l’Observatoire sont stables, autour de 300 €/t. Les livraisons spots affichent une valeur 100€/t au-dessus, et le manque de disponibilité européenne (un comble !) fait que l’Europe redevient importatrice nette, depuis janvier dernier… !