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Décembre : le sucre roux atteint les 13,5 cts/lb

Quasiment tous les indices macroéconomiques impactant le marché du sucre ont fini l’année 2019 de manière positive : la monnaie brésilienne a gagné 3 % face au dollar, le pétrole a gagné 5 % (frôlant désormais les 70 US$/baril). L’éthanol a pris 1 % au Brésil, 3 % aux USA et 4 %en Europe.

Dans ce contexte, le gain du sucre (4 % en US$) peut sembler finalement bien normal. A noter également que ce gain n’est pas perçu par beaucoup de pays producteurs, comme au Brésil par exemple, mais aussi au Mexique, du fait du regain de leur monnaie.

On relèvera aussi que les spéculateurs auront terminé l’année de manière équilibrée, c’est-à-dire autant vendeur qu’acheteur, alors même qu’ils étaient nets vendeurs de plus de 10 Mt de sucre il y a seulement 8 semaines ! L’impact de ce retournement est donc finalement plutôt décevant… Mais soulignons cependant que :

  • Les stocks mondiaux restent conséquents en ce début de campagne 2019-2020, bien que très mal placés (20 % des stocks mondiaux sont en Inde, et les stocks européens chinois et européens sont bien maigres). Ils risquent d’ailleurs d’être réduits à peau de chagrin en fin de campagne, dans le monde entier. En effet, l’Inde, depuis l’ouverture de sa campagne (en octobre) produit 30 % de sucre de moins que l’an passé, et le déficit mondial annoncé vient d’être revu à 10 Mt, contre 6 Mt auparavant !
  • Certes, à partir d’avril, le Brésil va pouvoir allouer davantage de canne au sucre qu’à l’éthanol si le marché du sucre se reprend. Mais la demande en éthanol du pays reste forte, et les prix sont bien élevés – et le seront davantage si la monnaie brésilienne poursuit sa tendance, tout comme le pétrole.

Bref, la capacité du Brésil à réduire le déficit mondial (et donc à limiter la reprise) tend à diminuer, et ce même déficit tend à augmenter…

Mais attention, pour l’instant néanmoins, cela n’a toujours aucun impact sur le marché européen, englué dans des contrats à prix fixe…

Alors que le marché spot en Europe, toujours faible en volume, dépasse les 425€/t sortie sucrerie française, et que l’Union européenne a encore importé 250.000 t de sucre en octobre (il faut dire que les prix spot rendus Italie du Sud dépassent désormais les 500 €/t !), les contrats à prix fixe, sur longue durée, empêchent la filière européenne d’en profiter. Les derniers chiffres de la Commission européenne, d’octobre dernier, ne dépassent ainsi toujours pas les 320 €/t…

Un comble d’autant plus rageant que même que l’éthanol reste au-dessus des 65€/hl en Europe, portée par une demande soutenue… !