Accueil / Cours du sucre / Décembre : un marché mondial du sucre mouvementé, pour finir 2017 autour de 15cts/lb

Décembre : un marché mondial du sucre mouvementé, pour finir 2017 autour de 15cts/lb

Décembre a été un mois mouvementé pour le sucre sur le marché mondial. Le sucre brut a d’abord perdu 10% sur la première quinzaine de décembre (il est descendu jusqu’à 13,6cts/lb, ce qui n’avait pas été vu depuis septembre dernier) pour ensuite reprendre 12% sur la seconde quinzaine du mois ! La prime de blanc reste stable, autour de 60$/t, depuis 3 mois – c’est-à-dire depuis la fin des quotas sucriers européens. L’année 2018 s’ouvre ainsi sur un sucre brut un peu au-dessus de 15cts/lb et un sucre blanc presqu’à 400US$/t sur l’échéance proche (mars) comme sur celle d’octobre 2018. La fin de 2017 se fait donc sur une légère hausse, mais à des niveaux de prix de 25% inférieurs à ceux de l’année dernière.

L’évolution du mois montre bien, une fois de plus, un marché qui se cherche et des signaux contradictoires.

Du côté des effets positifs sur le marché, on citera la progression du pétrole : le Brent a encore pris 6% sur le mois, et dépasse à présent les 65$/baril, un niveau qui n’avait pas été vu depuis juin 2015. De nombreux analystes doutent d’une poursuite de la hausse, mais l’impact sur l’éthanol brésilien, directement corrélé au prix du pétrole, se fait sentir à nouveau (l’éthanol domestique gagne 2% en Real), tout comme, par ricochet, sur la valeur du sucre. Du côté des effets négatifs, le Real a souffert une fois de plus face au dollar en décembre : il a perdu 2%, sur fond de doutes quant à la poursuite des réformes au Brésil par le gouvernement avant les élections de fin d’année prochaine.

Les fondamentaux ont pu également jouer, en cette période pourtant relativement calme. Si la production brésilienne touche à sa fin, l’Inde et la Thaïlande commencent leur récolte sur des notes optimistes, mais déjà enregistrées par le marché. En revanche, la révision à la baisse, par FoLicht, de son estimation de surplus pour la campagne 2017/2018 (désormais anticipé à 3,8Mt contre 5,3Mt dans son estimation précédente), peut être vue comme un signe haussier. Cela n’a certainement pas échappé aux spéculateurs, qui ont revu à la baisse leurs positions nettes-vendeuses, à 4,1Mt à la fin 2017 contre 5,3Mt avant Noël.

Les monnaies ont évoluées fortement sur le mois. On retiendra un euro en belle progression, avec des prévisions optimistes pour la croissance européenne (et notamment française) pour 2018 et un dollar fragilisé par la politique étrangère des USA. L’année s’ouvre sur une parité proche des 1,20$/€, ce qui pénalise la valeur de la betterave (en euro) lorsque calculée par rapport au marché mondial (en dollar).

Du côté européen, le marché est resté stable à légèrement baissier, que ce soit en sucre (autour de 330-340€/t sortie sucrerie française) ou en éthanol (46-47€/hl).