Accueil / Cours du sucre / Février : les bons rendements indiens fragilisent les espoirs de reprise

Février : les bons rendements indiens fragilisent les espoirs de reprise

Février a été un mois stable, avec un sucre roux qui reste confiné entre 13 et 14cts/lb, et un sucre blanc qui ne parvient pas à dépasser les 360US$/t.

Les fondamentaux n’ont pas aidé, et tout particulièrement ceux en provenance de l’Inde. Sa campagne a débuté il y a 5 mois, et les statistiques commencent à le confirmer : la plupart des analystes n’avait pas réalisé à quel point les rendements sont bons… On annonce désormais une production, pour la campagne entière, autour de 29Mt pour le pays, quand on l’estimait encore, il y a quelques semaines, autour de 26Mt. Ce n’est pas un record (les 30Mt avaient déjà été atteintes en 14/15), mais cela accentuera le surplus mondial… Certes, l’ISO, dans sa dernière estimation du 1er mars, ne l’a pas encore pris en compte. L’organisation reste sur un surplus mondial autour de 5,15Mt, contre 5,03t dans sa dernière estimation. Mais FoLicht prépare déjà son correctif, en annonçant, quelques jours plus tôt, une production mondiale autour de 194,3Mt : près de 5Mt de plus que dans son estimation de décembre dernier !

Ce mouvement indien empêche la reprise, et les spéculateurs maintiennent une pression à la baisse, toujours vendeurs nets de plus de 8Mt depuis janvier dernier. Un record qui n’a jamais été vu depuis que ces statistiques sont enregistrées. Résultat : le sucre roux ne décolle pas des 13-14cts/lb, et le sucre blanc ne fait guère mieux, autour de 360-370US$/t. Comme notre monnaie reste forte, la valeur du sucre blanc, sur le marché mondial ne dépasse pas les 300€/t – guère plus de 250€/t sortie sucrerie française.

Ce marché mondial pèse sur les cours européens. La commission européenne vient de diffuser les prix de décembre dernier : autour de 400€/t départ usine. Mais ces prix sont une moyenne européenne, et correspondent à des volumes, certes livrés en décembre, mais généralement négociés plus tôt. Sur le marché spot, la baisse se poursuit, et le prix publié par Kingsman pour la semaine passée correspond à un prix, départ sucrerie française,  qui ne dépasse pas les 320€/t… Combien de temps encore le marché européen sera-t-il plus rémunérateur que le marché mondial ?

Dès lors, où trouver de l’espoir ? Deux indices : la prime de blanc commence à monter : il faudra la suivre le mois prochain… Et, dans quelques semaines, le Brésil entre en campagne. L’éthanol domestique y a bien grimpé : sera-t-il suffisant pour entrainer une nouvelle tendance ?