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Halte au chantage !

Alors que l’année finit difficilement dans nos exploitations, notre interprofession est confrontée à une crise aiguë et, je crois, profonde. Vous connaissez mon engagement depuis de nombreux mois pour redonner de l’ambition à notre filière depuis mon élection.

Alors que le Syndicat des fabricants de sucre (SNFS, dont les membres sont Cristal Union, Saint Louis Sucre, Ouvré et Lesaffre) prônait la mise en place d’un fonds de restructuration pour financer la fermeture d’usines, nous avons réussi à faire adhérer nos sucriers et l’administration à une logique de sortie de crise par le haut en lançant un plan stratégique de filière.

Ce plan stratégique que notre interprofession a bâti, nous pouvons en être fiers. Toutefois, je dois vous exprimer une terrible frustration : il est impossible de porter ensemble, dans le cadre de notre filière, le label « origine France ». Quel beau levier cela serait pour valoriser nos pratiques et le lien au territoire auprès des consommateurs de plus en plus demandeurs de produits locaux. Là aussi le SNFS exprime une opposition de principe indiquant que la France exporte la moitié de notre production. Ne peut-on segmenter et rappeler à nos concitoyens que le sucre qu’ils consomment provient d’une betterave cultivée en France ?

« le SNFS opère un chantage pour lever la CVO destinée à financer l’ITB »

Enfin, vient le sujet des accords interprofessionnels (AIP). Le SNFS s’oppose à une clarification de la place des organisations de producteurs dans notre filière. Le SNFS demande également à ce que l’AIP exprime le fait qu’il n’y a pas besoin de contrat en coopérative en contradiction avec ce qui se passe dans l’ensemble de l’Europe et au règlement OCM. Les conséquences sont claires : aucune obligation d’indiquer avant les semis des prix ou des indicateurs… est-ce judicieux pour rassurer les agriculteurs après les deux campagnes que l’on vient de connaître ?

Et pour couronner le tout, le SNFS opère un chantage pour lever la CVO destinée à financer l’AIBS, Culture Sucre et surtout l’ITB. Comment peut-on mettre sous la menace cette structure essentielle pour les betteraviers à l’heure où la pression sur nos moyens de production n’a jamais été aussi forte ?

Alors halte au chantage ! Ces différents éléments ne devraient être que des formalités et finalement nous ne sommes pas si loin de faire avancer les choses. Nous comptons sur nos coopératives pour nous aider à réinstaller un esprit interprofessionnel constructif, responsable et ambitieux.

Je viendrai en débattre avec vous et les deux présidents de nos coopératives lors de l’assemblée générale de la CGB, reportée au 15 janvier prochain.

Franck Sander,
Président de la CGB