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Interdiction des néonicotinoïdes : Les syndicats betteraviers se mobilisent et lancent une campagne de sensibilisation nationale « Préservons la Betterave Française »

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Paris, le 6 Juin 2018 – Suite à l’interdiction de trois néonicotinoïdes votée par les représentants des États membres de l’Union européenne le 27 avril dernier, les betteraviers se mobilisent et lancent en région dans les 29 départements producteurs, une large campagne de sensibilisation « Préservons la Betterave Française » pour expliquer la spécificité de cette plante et leur demande de dérogation.

Les néonicotinoïdes sont accusés de la mortalité des abeilles. Or, la betterave sucrière française ne produit ni fleur ni pollen, donc n’attire pas les abeilles. CQFD. Les néonicotinoïdes présents à petite dose dans l’enrobage de la semence de betterave, ne présentent donc aucun danger pour les pollinisateurs. Mais aujourd’hui sans les néonicotinoïdes, les betteraviers ne disposent pas de solutions aussi efficaces et aussi respectueuses de l’environnement pour protéger les betteraves de la jaunisse virale. Une interdiction aussi abrupte serait du perdant-perdant : perdant pour l’environnement et perdant pour les agriculteurs.

La jaunisse risque ainsi d’envahir nos champs de betteraves avec un impact catastrophique pour la culture, dans toutes les régions françaises, entrainant une perte de rendement pouvant aller jusqu’à 50% dans certaines zones de climat océanique. Par conséquent, c’est aussi l’industrie et les emplois en zones rurales qui seront fortement menacés.

La CGB, le syndicat des betteraviers, et l’ensemble de la filière sont fortement mobilisés pour trouver de nouveaux moyens de protéger les betteraves contre la jaunisse : biocontrôle, génétique, plantes de services, nouvelles molécules….

Les betteraviers demandent à leurs autorités une dérogation, le temps d’aboutir dans les recherches  de solutions alternatives en cours et ainsi garantir la pérennité d’une filière qui n’a jamais cessé  d’investir dans l’amélioration de ses pratiques.

Une mobilisation dans toutes les régions betteravières

Aussi, la Confédération mobilise ses 14 syndicats en régions pour déployer dans ses champs de betteraves et aux abords d’axes routiers stratégiques, plus de 200 panneaux pour quadriller la France betteravière en interpellant le Président de la République :

 

 

 

 

 

Cette campagne sera largement relayée sur :

  •  Twitter sous le hashtag #PréservonsLaBetteraveFrançaise et la CGB compte sur tous ses nombreux betteraviers followers du compte @_MissBetter pour relayer ses messages.
  • Change.org : la CGB lance le 6 juin une pétition qui s’intitule « Préservons La Betterave Sucrière Française » adressée à Emmanuel Macron, Stéphane Travert et Nicolas Hulot pour  sensibiliser le gouvernement à cet enjeu capital pour la filière.
  • Une page dédiée sur le site internet cgb-France.fr qui reprend l’ensemble de la campagne et du dossier Néonicotinoïdes en betteraves

Lors d’une récente publication, l’ANSES a confirmé l’absence d’alternative non chimique pour lutter contre les ravageurs des parties aériennes, dont les pucerons, sur betterave sucrière, et fait le constat qu’il n’existe qu’une seule alternative chimique. Elle identifie par ailleurs clairement un risque de développement de résistance des pucerons à cette unique alternative chimique (à base de
pyréthrinoïdes et carbamates). Se fondant sur de nombreux travaux de recherches français et européens, l’AIBS (Association Interprofessionnelle de la Betterave et du Sucre) indique que la résistance des pucerons à cette alternative n’est pas un risque potentiel, elle est déjà avérée !

Eric Lainé a ajouté « Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre de l’Agriculture et Monsieur le Ministre de la Transition écologique et solidaire, nous souhaitons une dérogation pour l’utilisation des néonicotinoïdes en enrobage de semences de betteraves, pour permettre à nos recherches de solutions alternatives d’aboutir, car pour nous c’est un véritable retour en arrière que de revenir à la pulvérisation. Ne nous laissez pas dans cette impasse, il en va de la pérennité d’une filière d’excellence qui n’a jamais cessé d’investir dans l’amélioration de ses pratiques. »