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Inversons la construction du prix

Les États généraux de l’alimentation auront au moins eu le mérite de mettre les problèmes agricoles sur la place publique. On n’a en effet jamais autant parlé du partage de la valeur ajoutée entre l’amont et l’aval.

Les discussions au sein du premier chantier de ces États généraux se sont déroulées dans un état d’esprit constructif, en tout cas en ce qui concerne l’atelier n°5 que j’ai plus particulièrement suivi en tant que membre.

La question posée par cet atelier était : « Comment rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs ? ». Le contrat est apparu comme la réponse la plus adaptée pour les différentes parties prenantes : producteurs, industries agroalimentaires, distributeurs, consommateurs, restauration collective, élus.

Il est nécessaire d’adapter le droit européen de la concurrence

Les propositions du groupe de travail sont intéressantes, en particulier celles qui prévoient la construction d’un prix d’achat par les distributeurs qui prenne en compte le coût de production sous une forme qui reste encore à déterminer. C’est une nouveauté, car cela reviendrait à inverser la construction en partant de la réalité économique des exploitations ! De plus, ce contrat intégrerait les différentes valorisations des marchés. Cette transparence est un système que nous avons toujours prôné à la CGB.

Pour une mise en œuvre équilibrée de la contractualisation, il est nécessaire d’adapter le droit européen de la concurrence, qui exerce aujourd’hui une forte contrainte sur l’amont agricole. Cela ne sera sûrement pas facile à obtenir, puisque la France devra convaincre ses partenaires européens pour faire bouger les lignes.

Difficile certes mais pas impossible. Nous l’avons déjà fait par le passé en obtenant en 2016 un acte délégué de la Commission européenne, qui nous donne la possibilité de convenir de clauses de répartition de la valeur au sein de commissions ad hoc.

Comme le conclut l’atelier n°5 des États généraux : « La contractualisation offre aux cocontractants une meilleure prévisibilité et permet des relations apaisées entre les maillons de la filière. »

La demande est forte pour que les interprofessions jouent à nouveau un rôle dans la définition d’indicateurs adaptés à la filière et la manière de les prendre en compte dans les mécanismes de formation des prix. Dans un intérêt partagé de la filière, l’interprofession doit rester un lieu d’échange pour construire dans un esprit de confiance.