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« La betterave, on y croit… »

Pour préparer la fin des quotas, Saint Louis Sucre a largement utilisé le slogan « La betterave, on y croit… ». Il a encouragé les agriculteurs et les entrepreneurs à investir dans du matériel. Son objectif était d’augmenter la production de betteraves pour diminuer les charges fixes de ses usines.

Nous avons tous répondu favorablement à cette demande en augmentant de 30 % les surfaces de betteraves à Cagny ces deux dernières années.

Depuis le 14 février, je me pose beaucoup de questions sur les raisons de l’annonce des fermetures des usines de Cagny et d’Eppeville. Je n’y vois aucune réponse rationnelle !

Au niveau de la productivité, les bassins de production du Calvados et de la Somme font partie des meilleurs potentiels de France. La durée de campagne des sucreries de Cagny et d’Eppeville est une des meilleures d’Europe, avec près de 150 jours en moyenne ces deux dernières années. Quant aux prix de la betterave, Saint Louis Sucre est le groupe sucrier français qui paie le moins cher. Dans ces conditions, comment croire que Südzucker perde de l’argent depuis cinq ans avec ces deux sucreries françaises ?

« Messieurs les dirigeants de Südzucker, expliquez-vous et envisagez d’autres solutions ! »

Aujourd’hui, on nous dit que l’on ne peut plus continuer ainsi. Et pourtant dans les douze années à venir, la demande mondiale de sucre va augmenter de 40 millions de tonnes.
Pour pouvoir répondre à cette demande, nous aurons besoin de l’ensemble des outils industriels français. La crise que connaissent les marchés du sucre est sans précédent. Néanmoins, la moyenne du prix mondial sur dix ans est légèrement supérieure à 400 euros la tonne de sucre (prix FOB) avec une forte volatilité, il est vrai. C’est un prix qui permet aux planteurs et aux fabricants de dégager des marges intéressantes.
C’est pourquoi il nous faudra également mettre en place une politique de gestion des surfaces et de gestion de crise adaptée à la situation des marchés. Cela fait deux ans que je demande, avec la CGB, que l’on se mette autour de la table pour développer des outils de gestion des risques.
À aucun moment notre industriel a souhaité engager la discussion.


Messieurs les dirigeants de Südzucker, comme le dit notre ministre de  l’Agriculture, votre décision est inacceptable. Expliquez-vous et envisagez d’autres solutions ! Je vous assure qu’il ne sera pas si simple de tordre le bras à la production sucrière française. Le combat ne fait que commencer, mais soyez certains que nous nous battrons jusqu’au bout.
Alors oui, la betterave on y croit… toujours.
Avec ou peut-être sans vous…

Patrick Dechaufour
Président CGB Calvados, Sarthe et Orne