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La CGB se battra pour les planteurs et les sucreries

Quel est l’état d’esprit des planteurs de Cagny et d’Eppeville ?

J’étais avec les planteurs de Cagny le 22 février et j’ai vu des agriculteurs qui n’étaient pas du tout résignés. Ils sont combatifs et surtout prêts à étudier toutes les possibilités pour continuer à faire de la betterave.S’ils sont autant mobilisés, c’est qu’ils considèrent que la betterave a encore un avenir. Les planteurs de Cagny et d’Eppeville nous ont demandé d’actionner les leviers à tous les niveaux : députés, conseil régional, préfets et au niveau national.

J’ai rencontré de nombreux responsables politiques au Salon de l’Agriculture. J’ai eu un échange avec Emmanuel Macron, lors de sa visite d’inauguration du salon. Il a bien pris la mesure de toute la problématique que posent ces fermetures d’usines sur la diversification des assolements, le revenu des planteurs, la valeur ajoutée, l’avenir des salariés et des sites industriels. Le président de la  République suit le sujet et il considère que c’est un dossier transversal important. Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume a assuré qu’il allait travailler le dossier avec Bruno Le Maire. J’ai aussi échangé avec le premier ministre Edouard Phillippe. Tout est en train de se caler.

Quelles sont les marges de manœuvre du gouvernement et des responsables politiques ?

Xavier Bertrand est très mobilisé. Hervé Morin est prêt à nous accompagner. On étudie toutes les solutions qui permettraient de faire encore de la betterave dans les deux sucreries. Mais pour cela, il faut avoir une ouverture pour le faire. Or la stratégie de Südzucker est de fermer les sucreries et d’empêcher de faire des offres de reprise. Nous comptons sur le gouvernement pour exercer une pression politique sur l’Allemagne.

La CGB demande aussi aux responsables politiques de tout faire pour éviter la fermeture des usines. Et nous avons des arguments :l’abandon d’un site, la dépollution, les aides de 8,80 M€ qui ont été données à l’entreprise à travers le CICE… Il faut regarder tous ces aspects. Cela va leur coûter plus qu’ils ne pensent. Plus que les 200 M€ prévus pour leur projet de fermeture de 5 usines en Europe.

Pourquoi Südzucker a-t-il choisi de fermer deux usines en France ?

On ne comprend pas du tout leur stratégie. Ou plutôt, on ne la comprend que trop bien : Il s’agit d’affaiblir la concurrence française au profit de leurs intérêts stratégiques nationaux. Espèrent-ils à terme vendre du sucre allemand en France ? Le gouvernement doit aussi se poser les bonnes questions. Pourquoi y a-il autant de sites industriels délaissés par des investisseurs étrangers ? Je pense que les aspects compétitivité,réglementation et droit du travail ont aussi pesé dans leur décision.

Allez-vous rencontrer les dirigeants de Südzucker ?

Nous avons un rendez-vous mi-mars avec des représentants du Conseil de surveillance et du directoire. Nous allons leur demander de reconsidérer leur décision et d’évaluer toutes les options possibles pour la poursuite d’activité de Cagny et d’Eppeville.