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La crise du sucre n’est pas une fatalité !

Südzucker vient d’annoncer son projet de fermeture des sucreries de Cagny et d’Eppeville. 2 500 planteurs et exploitations sont concernés pour 500 000 t de sucre, soit 10 % de la production française. Dans le même temps, le directeur de Cristal Union, Alain Commissaire, vient d’annoncer à la Conférence Internationale de Dubaï sur le sucre qu’il anticipait prochainement entre 10 et 20 fermetures de sucreries en Europe.
Nous entrons dans la phase dure de la crise du sucre en Europe. C’est un constat, pas une fatalité !
La crise actuelle bouleverse la filière et accélère les prises de décisions quant à d’éventuelles restructurations industrielles. Mais attention à ce qu’elle ne soit pas un prétexte facile !
La tentation peut être forte pour certains, par simplicité, dans le cadre de groupes multi-territorialisés, a fortiori cotés en bourse, de promettre de meilleurs prix de betteraves ou des dividendes plus généreux, à la faveur des fermetures d’usines.
De l’économie, oui ! Une vision stratégique de long terme pour notre filière européenne, oui ! Mais des décisions financières court-termistes, non ! Car, fermer une usine, c’est irréversible avec des impacts directs et indirects sur les emplois, l’agriculture et plus globalement la vitalité des territoires.

Des décisions financières court-termistes, non !

C’est pourquoi les sujets de fond ne peuvent pas être éludés. Il nous faut rappeler que la France est un pays d’avenir pour la betterave. Quand des bassins, comme ceux d’Eppeville et de Cagny, sont capables de produire très régulièrement plus de 90 t/ha de betteraves à 16 °S, on appartient aux zones les plus performantes d’Europe ! Il serait choquant de les perdre !
Encore faut-il se donner les moyens de construire cet avenir et c’est à chacun de prendre ses responsabilités.
Nous comptons donc sur le sens des responsabilités de Südzucker pour trouver des solutions et refonder un vrai partenariat avec les planteurs français.
Et c’est dans ce sens que nous rencontrerons dans les prochains jours ses dirigeants. Nous comptons également sur le soutien de nos responsables politiques locaux et nationaux. Il y a une ambition à restaurer pour la filière betterave-sucre en France. Elle incombe autant à notre filière qu’aux élus territoriaux et à notre gouvernement.
Cette annonce de Südzucker est un coup de tonnerre pour la filière.
La CGB et tous les syndicats betteraviers locaux sont mobilisés aux côtés des 2 500 planteurs de Cagny et d’Eppeville pour trouver des solutions d’avenir.