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Alexis HACHE, membre du bureau de la CGB – L’apiculteur et le betteravier

Depuis la nuit des temps, l’apiculteur et l’agriculteur betteravier travaillent ensemble sur un même territoire. Jouant de leur complémentarité : l’un apporte de la ressource alimentaire aux pollinisateurs quand l’autre apporte un service de pollinisation pas toujours assuré par les pollinisateurs sauvages. À la fin, chacun y a toujours fait son miel. Mais de jour en jour, de semaine en semaine, certains sont venus questionner, voire oublier cette symbiose. Pourtant :

• Celui qui connaît la culture de la betterave sait que cette dernière se sème au printemps. Un couvert végétal la précède (Cipan), il nourrit en fin d’année les abeilles bien affamées ;

• Celui qui connaît la culture de la betterave sait que la première année, sans fleurs ni pollens, jamais l’abeille ne vient la visiter ;

• Celui qui connaît la culture de la betterave sait qu’une fois épuisée, la cossette est déshydratée et que l’usine de déshydratation, au printemps d’après, pour la luzerne s’en va tourner.

Alors, quel résultat pour des betteraviers laissés dans l’impasse ? En céréaliers, ceux-ci se transformeront… Fin des Cipan, fin des usines de déshydratation, fin des cultures de luzerne et sans doute, faute de pitance, de quelques abeilles en France…

Chacun doit garder à l’esprit que nos équilibres naturels sont mutuellement liés, la betterave apporte des éléments de diversité directement et indirectement dans nos plaines. Valoriser ce bien commun et l’amplifier est de notre responsabilité collective.

De nombreux projets existent aujourd’hui entre betteraviers et apiculteurs pour surveiller les abeilles, les nourrir, préserver leur habitat et le développer. De nouveaux sont en gestation. Notre profession y travaille depuis longtemps. Nous allons continuer en ce sens, toujours soucieux des territoires sur lesquels nous vivons.