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« L’agriculture de précision doit être développée »

Cyril Cogniard,
Président de la commission économique de la CGB

Quels enseignements tirez-vous de l’évolution des coûts de production en  betteraves ?

Compte tenu des excellents rendements en 2017, nous avons eu des coûts de production faibles, en trompe-l’œil, par rapport aux années  précédentes et à 2018. L’étude confirme que le meilleur diviseur pour baisser les coûts de production, c’est le rendement. Malgré les adversités climatiques et sanitaires, il faut renouer avec la performance. La recherche doit pouvoir utiliser de nouveaux outils comme les NBT*, pour produire plus rapidement des variétés qui, par exemple, se comporteront mieux en cas de sécheresse.


Y-a-t-il des possibilités pour les planteurs de réduire certaines charges ?


Il est important que chaque exploitant connaisse précisément ses coûts de production par culture pour agir. Il existe des outils en ligne pour cela, notamment sur l’extranet de la CGB. En matière de charges variables, les
leviers ne sont pas nombreux. Sur les semences, la réduction de densité de semis s’est généralisée depuis quelques années. Le prix des unités n’a pas baissé, malgré la hausse des surfaces. Les betteraviers français financent la recherche en payant les graines. Il faut veiller à ce que l’effort soit équitablement partagé par tous les betteraviers européens. Sur les engrais, l’épandage de précision, avec des cartographies par parcelle, est à développer. Cela éviterait de sous-fertiliser des zones à fort potentiel, et de sur-fertiliser des zones où il n’y a pas l’espoir d’un rendement
élevé. Pour les produits phytosanitaires, l’utilisation d’outils d’aides à la décision (OAD) permet de réaliser des économies, en traitant au bon moment et seulement si nécessaire. Il faut ouvrir la voie à la pulvérisation ciblée, celle qui permet de ne traiter que les adventices, mais les constructeurs doivent y travailler encore. En attendant, le traitement en localisé sur le rayon, associé au binage, peut permettre une économie.

En matière de mécanisation, existe-t-il des leviers pour diminuer le coût ?


Chacun doit trouver le meilleur chantier pour son exploitation avec un coût d’arrachage maîtrisé. Les arracheuses intégrales ne peuvent pas convenir à tout le monde. La surface réunie n’est pas toujours suffisante par rapport à l’investissement. Il faut aussi soutenir des solutions plus simples et moins coûteuses.


Le plan stratégique de la filière betterave-sucre peut-il permettre d’aider la filière à améliorer sa compétitivité ?


Nous travaillons avec le ministère de l’Agriculture sur un plan stratégique. L’objectif est de permettre aux différents acteurs de la filière de se moderniser et de développer de nouvelles techniques. Sur le seul volet compétitivité des exploitations agricoles et recherche, nous avons listé 25 propositions. Il nous faudra prioriser et choisir les plus efficientes. Nous souhaitons que soit développée l’agriculture de précision afin de démocratiser l’accès aux nouvelles technologies. Nous espérons également un soutien à la recherche pour accélérer l’émergence de nouvelles variétés et de techniques innovantes (enrobage par microbiote, plantes associées…).

  • NBT : New Breeding Techniques (nouvelles techniques d’amélioration des plantes).