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L’envol de l’éthanol doit aussi bénéficier aux betteraviers !

Depuis trois ans, la consommation française d’éthanol connaît une nouvelle phase de croissance, portée par trois évolutions convergeantes : une augmentation de la consommation d’essence, conséquence d’une inversion du ratio dieselessence dans les ventes de voitures neuves sur la période, le développement régulier du SP95-E10, qui représente désormais près de la moitié des ventes totales d’essence, devant le SP95 et le SP98, et enfin le développement spectaculaire du Superéthanol-E85, dorénavant disponible dans plus de 1 600 stations-service sur notre territoire (soit une sur six !) et dont la consommation devrait quasiment doubler en 2019, pour avoisiner 350 millions de litres.

Cette évolution est appelée à se poursuivre dans les prochaines années pour répondre aux différents objectifs réglementaires fixés en matière d’énergie et de climat, tant à l’échelle nationale qu’européenne. Elle récompense également le travail de fond mené par notre filière sur le sujet tout au long de ces dernières années. On ne peut donc que se réjouir de cette tendance qui conforte l’agriculture comme une solution à la problématique du changement climatique.

Car l’éthanol consommé en France provient à plus de 90 % des distilleries françaises, approvisionnées pour moitié avec des betteraves et pour l’autre moitié avec des céréales. Nos deux grandes coopératives sucrières – Tereos et Cristal Union – ont fait le choix stratégique de cette diversification il y a une quinzaine d’années, avec de lourds investissements à la clé. Toutefois, le marché français de l’éthanol a alors connu un développement progressif et en deçà des attentes, nécessitant d’exporter le tiers de notre production chez nos voisins européens, avec une moindre valorisation à la clé.

« Il est essentiel de donner aux agriculteurs un signal positif, par un  partage de la valeur transparent et juste »

Ces trois dernières années, notre marché domestique renoue avec la croissance et prend enfin une dimension à la hauteur des investissements consentis et valide le choix stratégique des entreprises concernées. À présent que les outils industriels sont pour une large part amortis, que le cours européen de l’éthanol côtoie des niveaux historiquement élevés, porté par une demande européenne soutenue, et que notre marché national est en plein essor, il est essentiel de donner aux agriculteurs un signal positif, par un partage de la valeur transparent et juste.
L’essor de l’éthanol doit aussi bénéficier aux agriculteurs qui attendent une rémunération adéquate de leurs betteraves transformées en carburant renouvelable. À l’heure où cette valorisation alternative au sucre offre à nouveau des perspectives d’investissement, cela apparaît même plus nécessaire que jamais.

Nicolas Rialland
Directeur des affaires publiques à la CGB