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Mai : Enfin un peu d’air sur le marché du sucre !

Enfin ! Après 5 mois consécutif de baisse, le cours du sucre roux a progressé en mai. La hausse a été de presque 11 %, et il termine le mois au-dessus de 12,7 cts/lb. Bien sûr, cela reste bas, mais c’est toujours 1,5 cts/lb de plus que le pire de mai dernier. Le sucre blanc gagne 8% et finit le mois au-dessus de 350 US$/t.

Comment ce mouvement à la hausse a-t-il pu voir le jour ? Plusieurs nouvelles haussières sont venues ce mois, et notamment :

  • d’Inde, qui a d’abord annoncé réfléchir à encourager le débouché éthanolier pour la canne (au détriment du sucre), avant d’y ajouter un projet de revoir ses stocks de réserve aux environs de 3 Mt, limitant ainsi les prévisions d’export du pays qui fait face à une récolte record ;
  • de Thaïlande qui, pour limiter son énorme surplus (on parle d’une récolte dépassant les 15 Mt) pourrait également encourager le débouché éthanolier, pour un équivalent autour de 0,5 Mt de sucre ;
  • d’Ukraine et de Russie, qui ont annoncé une baisse dans leurs surfaces betteravières de, respectivement, 11 et 6 %
  • et enfin, évidemment, du Brésil. Des grèves de conducteurs de camion, couplées à des difficultés climatiques dans la récolte, ont conduit certaines usines à s’arrêter, puis à redémarrer. Selon certains analystes, cela pourrait avoir pour effet d’augmenter encore l’allocation vers l’éthanol, celle-ci étant maximum au démarrage d’usine.

Toutes ces nouvelles, dans leur ensemble, semblent permettre une révision à la baisse du surplus mondial… C’est en tout cas la vision qu’ont dû en avoir les spéculateurs : ils ont considérablement revus à la baisse leurs positions net-vendeur, sous les 4 Mt (contre plus de 8,5 Mt fin avril dernier !)

Malheureusement, les bonnes nouvelles semblent s’arrêter là. Le Réal, la monnaie brésilienne, continue sa chute (-4 % sur le mois), et accuse -15 % depuis janvier dernier. Et cela ne semble pas fini. L’euro aussi perd de la valeur : -6 % depuis février ce qui est, là en revanche, un bon point pour l’exercice de conversion en betterave des valeurs du marché mondial.

Ce cours pèse toujours sur le marché européen. L’observatoire européen montre une stabilité en mars, autour de 376€/t sortie sucrerie – Le marché spot, départ usine française, serait inférieur à ce chiffre de quelques 90€/t. Ce même mois, les chiffres du commerce extérieur affichait des départ sur le marché mondial, au départ de France, de 369€/t FOB.

Ces valeurs, compilées avec le niveau du marché de l’éthanol (qui, abondant, ne bénéficie pas de la reprise du pétrole), et pondérées des prévisions d’utilisation des betteraves françaises, permettent de calculer une conversion betterave, sur la base du partage en vigueur sous le régime des quotas, et en moyenne depuis le début de campagne, autour de 23,1€/t hors pulpe. Enfin, le marché à terme du sucre blanc, sur l’échéance de décembre 2018, reste autour de 350 US$/t : cela ne permet pas encore d’assurer une betterave au-dessus de 17€/t hors pulpe pour la prochaine campagne.