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Marché du sucre en janvier : l’Europe frémit, le cours mondial en position attentiste…

Sur le marché européen, les derniers chiffres concernant les livraisons de sucre sont d’une stabilité confondante : 308 €/t sortie sucrerie en novembre (dans la zone qui comprend la France), contre 307 €/t en octobre. Pourtant, à cette époque, le marché spot commençait déjà à s’envoler : il dépasse désormais cette valeur de quelques 100 €/t actuellement ! Quelle différence entre le marché spot, certes limité en volume, et les volumes contractés ! Cela semble indiquer deux choses :

D’une part, que les contrats ont été finalisés avant que les effets de la sécheresse (qui a pénalisé la récolte européenne de 3 Mt !) ne se fassent ressentir, et, d’autre part, que ces contrats risquent d’avoir été conclus, à prix fixe, et peut être pour longtemps…

La question est de savoir, maintenant, jusqu’à quand : ce serait quand même un comble que l’envolée du spot ne profite qu’au sucre importé !

Pendant ce temps, sur le marché mondial, les cours du sucre sont restés très stables sur le mois, sans information d’envergure. Le sucre brut s’est maintenu entre 12,5 et 13,0 cts/lb. La prime de blanc (différence entre le sucre brut et le sucre raffiné) a terminé le mois autour des 60US$/t : c’est presque 15 US$/t de moins que la moyenne de l’an dernier ; le sucre raffiné finit ainsi le mois autour des 340 US$/t, avec un marché qui attend un surplus indien, annoncé à l’export, mais dont l’ampleur se fait encore attendre.

Les marchés sont donc en position attentiste. La récolte européenne est terminée, celle en Asie du Sud-Est semble, pour l’instant,conforme aux attentes, et le marché semble donc retenir son souffle en l’attente de l’ouverture de la campagne brésilienne (Avril). C’est alors que l’impact du pétrole sur les décisions brésiliennes d’allocation de leur canne à la filière sucre, ou éthanol, sera à suivre : pour l’heure, le pétrole a ouvert janvier autour de 55 US$/baril pour le terminer au-dessus de 60US$/baril – ce qui n’a cependant pas empêcher l’éthanol, à Sao Paolo, de perdre 4% sur le mois.

Le changement de terme, en moitié de mois (pour le sucre blanc) et en fin de mois (pour le roux), sera à suivre.

Peu d’information du côté des spéculateurs : on les imagine stable dans ce contexte, mais, pour cause du ‘shutdown’ américain, nous ne disposons pas de statistique depuis Noël dernier : ils étaient alors vendeurs-nets de quelques 4 Mt.

Sur le mois, les monnaies ont été assez stables, tout comme les céréales. Mais le fret s’est effondré : l’indice du fret Supramax (celui qui concerne le sucre) a perdu la moitié de sa valeur sur le mois, sur fond d’incertitudes liées aux échanges mondiaux (différend USA-Chine, Brexit, shutdown, etc).