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Marché du sucre en Juillet : une nouvelle baisse qui ne présage rien de bon

Alors que l’évolution des cours du sucre en mai, puis en juin, pouvait donner quelques espoirs, leur évolution sur le mois de juillet, puis sur ce début août, a tout l’effet d’une douche froide. En effet, alors qu’aux derniers jours de mai, le sucre brut étaient quasiment monté jusqu’à 12,7cts/lb, nous sommes, à la mi-août, sous les 10,5cts/lb… Nous revoilà à des plus-bas historiques.

La baisse du sucre raffiné n’est pas moins sévère, et nous sommes même passé sous les 315US$/t depuis le 13 août. L’euro, stable entre mai et juillet, autour de 1,17$/€, ne change guère la donne : nous sommes passé sous les 270€/t, un retour à la situation d’avril dernier, qui ne s’était alors pas vu depuis… 2009. La baisse, récente, de l’euro (-1.5% en 15 jours) sera à suivre : elle pourrait nous favoriser.

La hausse du blé n’aura donc eu aucun effet. Une nouvelle fois, les fondamentaux sont lourds. Le 30 juillet dernier, l’Inde informait que, en Uttar Pradesh, l’une de ses principales régions de production de canne, le seuil des 12Mt avait été atteint – à la même époque, l’an dernier, nous en étions à 8,7Mt… Le surplus est confirmé, et même l’annonce brésilienne, le lendemain, n’a eu aucun effet sur le marché. Le géant sud-américain annonçait pourtant que, pendant ses 4 premiers mois de campagne, le Centre-Sud a produit 16% moins de sucre que l’an dernier – et 38% de plus d’éthanol !

Mais les analystes l’avaient anticipé. Tout le monde ne parle que surplus, et les spéculateurs reviennent dans la course de manière, une fois de plus, exagérée : ils sont revenus, en juin, nets-vendeurs dans des proportions considérables : 7Mt, contre 1,5Mt fin juin ! Autant dire que l’effet est violent, et enfonce le cours du sucre. Et cela pourrait se poursuivre, puisqu’on se souvient du record atteint en avril dernier lors duquel ils étaient vendeurs-nets de 8,5Mt… A l’époque, la monnaie brésilienne, le Réal, étaient supérieur à ce qu’il est aujourd’hui de 15% – et sa chute continue. Autant dire qu’avec un tel scénario noir, de nombreux analystes commencent à anticiper un cours du sucre roux sous les 10cts/lb…

A moins d’un sursaut, d’ordre météo par exemple. Certains commencent par exemple à douter de la récolte européenne à venir, du fait de la sécheresse (mais nos prévisions restent basées sur des rendements dans la moyenne 5 ans – ce qui fait tout de même pas loin de 1,8Mt de sucre en moins que l’an passé). D’autres commencent à anticiper un éventuel El Niño…

Du côté européen, la Commission a publié les prix du mois de mai dernier, pour la première fois régionalisés : la zone comprenant la France affiche un 365€/t sortie usine, donc stable par rapport au mois précédent – mais inférieur de 50€/t au premier mois de la campagne. Soit un équivalent betterave, hors-pulpe, autour de 23,7€/t, selon les règles de partage en période de quota. Mais le marché spot reste bien inférieur, sous les 285€/t sortie sucrerie française (équivalent betterave, hors pulpe, autour de 18,5€/t). La parité export est obtenu : les chiffres des douanes, pour mai dernier, indique des exports à un équivalent 288€/t sortie sucrerie !

L’éthanol européen, lui, profite du sursaut du blé, et repasse au-dessus des 51€/hl le 14 août, ce qui ne s’était pas vu depuis presqu’un an. Mais cela reste bas : l’équivalent, en période sous quota, à une betterave, hors-pulpe, autour de 20,9€/t. L’éthanol démontre néanmoins son vrai rôle tampon face à un marché mondial si déprimé.