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Marché du sucre en septembre : l’amorce d’un mouvement ?

Le 30 septembre dernier a été le dernier jour de cotation du prix du sucre roux, pour une livraison en octobre : la prochaine échéance pour le sucre roux est mars 2020. Et la perception du marché a radicalement changé sur le mois, avec un sucre blanc qui a gagné 11 % (même si le début d’octobre montre un ralentissement du mouvement).

Il faut dire que ce changement de terme, en septembre, est celui qui intervient avant l’entrée en campagne, lorsqu’on la raisonne sur une base allant de septembre à octobre, comme c’est le cas en Europe et pour la plupart des analystes. Et cette campagne sera déficitaire : au moins de 4,2 Mt selon FoLicht. D’autres (Green Pool par exemple) la voit au-dessus de 5 Mt. Et on commence à entendre que la production indienne 2019-20 pourrait être surestimée, le pays pouvant même, in fine, s’avérer à l’équilibre ?

Cela a dû être la vision des spéculateurs, qui ont réduit considérablement leurs positions nette-vendeuses sur le mois. Ils l’étaient à hauteur de 12,2 Mt en début de mois, ils ne le sont qu’à hauteur de 8,2 Mt. Cela reste très élevé, mais est-ce que le mouvement initié va se poursuivre ?

Et si cela se poursuit, à partir de quand les Indiens, qui sont bien les seuls à avoir du stock (mais quel stock !) vendront le stock : autour de 13 cts/lb ? Et à quel niveau de prix les Brésiliens commenceront à réduire leur allocation de canne à l’éthanol au profit du sucre – sachant que les Brésiliens ont déjà écrasé 75 % de leur production, et que cela n’impactera, de manière importante, que la campagne suivante, c’est-à-dire en avril prochain ?

Sur le mois, cet éthanol brésilien a d’ailleurs gagné 2 % et 1 % en Europe, alors que le pétrole (Brent) a perdu 4 %. Ce n’est pas logique, mais ce n’est pas le seul mouvement illogique pendant le mois : le Réal a lui-même perdu 1 %. Cela représente aussi une bonne nouvelle : c’est la première fois depuis des mois, que le sucre varie de manière indépendante que ce que font les signaux macroéconomiques habituels. Un début ?

Du côté du marché européen, le marché spot affiche une petite remontée, en ce début de campagne : au-dessus des 420 €/t sortie sucrerie. Si les volumes de sucre qui seront livrés pendant la campagne 2019-2020 ont été contractualisés à ce niveau de prix, cela permettra de rémunérer la betterave autour de 26 €/t hors pulpes (estimées autour de 2€/t). Il faudra attendre les chiffres officiels de l’Observatoire de la Commission européenne (pas avant janvier prochain ?) pour voir si les contrats d’achat/vente de sucre ont été faits sur cette base, ou s’il reste encore des reliquats bradés des campagnes passées…

En tout cas, la reprise des prix spots a bien profité aux importations pendant l’été dernier : les derniers chiffres d’importations (juillet dernier) montrent que le sucre blanc en provenance des pays ACP a franchi la frontière autour de 385 €/t (prix CAF) : cela conforte la robustesse des prix spots, car cette valeur correspond bien à celle enregistrée à l’époque. Dommage que cela n’ait profité qu’aux importations.