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« Soyons complémentaires, jouons collectif »

Franck Sander propose de repenser les liens entre planteurs et fabricants.
La clé de voûte de ce nouveau projet pourrait être la mise en place d’un pacte entre la CGB et les coopératives. Quant aux négociations avec les groupes privés, elles pourraient être rééquilibrées par la création d’organisations de producteurs.

Vous prenez la présidence de la CGB en pleine période de crise du sucre. Que proposez-vous ?

Dans ce contexte de crise, il faut se réinventer, faire preuve d’intelligence
collective et se remettre autour de la table pour réaffirmer un projet commun, qui se construira autour d’un couple coopératif et syndical fort. C’est dans cet état d’esprit que j’ai proposé de mettre en place un pacte entre syndicalisme et coopération pour redéfinir notre projet, rappeler nos valeurs et préciser comment chacun y contribue. Alors que les budgets sont en restriction pour tout le monde, je pense que l’on peut redéployer les moyens sur plusieurs dossiers et avoir une vraie stratégie de filière. C’est aussi valable pour les autres partenaires, comme les semenciers et les sociétés agrochimiques. Il est absolument fondamental que les stratégies économiques de nos coopératives et l’orientation politique portée par la CGB soient convergentes. Chacun doit trouver sa place, chacun doit jouer un rôle. Soyons complémentaires, jouons collectif !

Et avec les groupes sucriers privés ?

Pour les planteurs des groupes privés, il me semble que les lignes sont plus clairement définies. Si les CRV ne donnent pas satisfaction, alors donnons aux planteurs tous les moyens de pouvoir bénéficier d’un maximum de pouvoir de négociation. Les dernières évolutions réglementaires, ainsi que
celles qui vont suivre lors de la prochaine programmation de la PAC, vont apporter des outils plus adaptés à la négociation des prix de la betterave. Je suis convaincu que les organisations de producteurs (OP) permettront aux agriculteurs

Quant aux négociations avec les groupes privés, elles pourraient être rééquilibrées par la création d’organisations de producteurs. Vous prenez la présidence de la CGB en pleine période de crise du sucre. Que proposez-vous ? Dans ce contexte de crise, il faut se réinventer, faire preuve d’intelligence collective et se remettre autour de la table pour réaffirmer un projet commun, qui se construira autour d’un couple coopératif et syndical fort. C’est dans cet état d’esprit que j’ai proposé de mettre en place un pacte entre syndicalisme et coopération pour redéfinir notre projet, rappeler nos valeurs et préciser comment chacun y contribue. Alors que les budgets sont en restriction pour tout le monde, je pense que l’on peut redéployer les moyens sur plusieurs dossiers et avoir une vraie stratégie de filière. C’est aussi valable pour les autres partenaires, comme les semenciers et les sociétés agrochimiques.
Il est absolument fondamental que les stratégies économiques de nos coopératives et l’orientation politique portée par la CGB soient convergentes. Chacun doit trouver sa place, chacun doit jouer un rôle. Soyons complémentaires, jouons collectif !

Et avec les groupes sucriers privés ?

Pour les planteurs des groupes privés, il me semble que les lignes sont plus clairement définies. Si les CRV ne donnent pas satisfaction, alors donnons aux planteurs tous les moyens de pouvoir bénéficier d’un maximum de pouvoir de négociation. Les dernières évolutions réglementaires, ainsi que celles qui vont suivre lors de la prochaine programmation de la PAC, vont apporter des outils plus adaptés à la négociation des prix de la betterave. Je suis convaincu que les organisations de producteurs (OP) permettront aux agriculteurs de mieux peser dans les négociations avec les sucriers privés.

Quels sont les dossiers les plus urgents ?

J’ai toujours fait du syndicalisme avec une vision économique. Ma priorité est de donner de la lisibilité aux planteurs sur leurs prix, avec des indicateurs ou la mise en place d’outils de gestion des risques, comme l’instrument de stabilisation du revenu (ISR). Pour la première fois nous avons eu une réunion interprofessionnelle constructive sur la gestion des risques au sein de l’AIBS. Les différents interlocuteurs semblent très ouverts au travail qui a été effectué par la CGB depuis un an sur le sujet. Il y a également des améliorations à faire au niveau des réceptions des betteraves pour rester efficaces, tout en baissant les coûts de cette opération. Enfin, la filière doit mettre les bouchées doubles au niveau de la technique.
Les producteurs se posent la question de la rentabilité de la betterave avec les attaques fortes de cercosporiose et la fin des néonicotinoïdes. Il en est de même en ce qui concerne le charançon ou l’ambroisie qui affectent l’Auvergne, mais qui pourraient remonter dans les autres zones betteravières.

« Le projet commun se construira autour d’un couple coopératif et syndical fort »

Comment envisagez-vous le syndicalisme betteravier dans l’avenir ?

Notre syndicat connaît une crise profonde liée à la forte baisse des adhésions. Cela porte préjudice à notre légitimité et cela vient amputer
nos ressources financières et par conséquent notre capacité à agir.
Il est capital que l’on retrouve un taux d’adhésion plus large. Cela ne sera pas simple, mais cela passera par notre projet et par le lien que nous maintiendrons avec les agriculteurs. À ce titre, notre implantation en région, notre maillage local sont capitaux. Rester enraciné sur le terrain est essentiel pour cultiver notre capacité à identifier les enjeux réels des agriculteurs. La filière a besoin d’un syndicalisme fort, de représentants de producteurs qui puissent parler au nom des planteurs. Il y a de grandes échéances à ne pas rater comme la réforme de la PAC, la défense du 1er pilier, l’utilisation du 2e pilier et la mise au point d’outils de gestion des crises.

Comment voyez-vous le futur de la betterave ?

Il y a encore de belles perspectives. La filière a commencé à diversifier ses débouchés avec l’éthanol. On a certes été longtemps dans le doute, mais l’horizon s’éclaircit. Nous allons maintenant mettre en place une commission “bioéconomie et recherche de nouvelles valeurs ajoutées” pour développer tous les nouveaux débouchés. On voit par exemple que les feuilles de betteraves peuvent jouer un rôle dans la méthanisation. La pulpe aussi, mais il faudra le faire en concertation avec les unités de déshydratation et les éleveurs.
Au niveau des marchés, le bilan européen pour 2018-2019 montre des signes de tensions. La situation mondiale devrait également se rééquilibrer grâce à l’augmentation de la consommation. Je suis résolument confiant pour l’avenir de la betterave.


PROPOS RECUEILLIS
PAR FRANÇOIS-XAVIER DUQUENNE