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Oui à une écologie du mieux

« Je crois à cette écologie du mieux, pas à cette écologie du moins. »
C’est par cette nouvelle formule que le chef de l’État a présenté le cap écologique des deux prochaines années. Reprenant un item développé à de nombreuses reprises, Emmanuel Macron a assuré vouloir combiner économie et écologie. Le plan de relance qui se profile doit être, selon lui, « l’opportunité, [de construire] un modèle qui est à la fois écologique, industriel et environnemental ». Que dire sur cette trajectoire si ce n’est oui et encore oui. Et quand il est annoncé qu’il faut « investir dans notre souveraineté », que faut-il dire si ce n’est oui et encore oui ? Et quand on déclarait il y a plusieurs mois qu’il n’y aurait « pas d’interdiction sans solution ». Que pouvait-on dire, si ce n’est que c’est du bon sens. Sauf qu’entre la formule et la réalité, il y a un écart, un fossé, un gouffre. Un tiers de nos betteraves est touché par la jaunisse à cause d’une interdiction sans solution quand certains d’entre nous vont se trouver en proie à des difficultés financières aiguës.

Notre souveraineté agricole, alimentaire et industrielle est durement touchée. Affre d’une écologie du moins et non du mieux… Alors il s’agit de se reconnecter à la réalité. Ce n’est pas abandonner une ambition du mieux. La filière redouble d’efforts pour améliorer les solutions à disposition : biocontrôle, plantes de services, pratiques agronomiques, génétique.

« Dans la relance de notre économie, une part doit être dédiée pour accélérer la recherche agronomique »

La génétique constitue aujourd’hui la solution la plus convaincante à moyen terme, c’est-à-dire cinq ans… Mais pour paraphraser Keynes : à moyen terme, nous sommes tous morts. Les solutions doivent intervenir rapidement. Les betteraviers touchés par cette épidémie, alors qu’ils ont attentivement pris soin de leurs betteraves, doivent être indemnisés. La responsabilité en revient à l’État d’avoir placé les agriculteurs dans l’impasse.

Au-delà, l’urgence est de donner des gages sur les solutions techniques efficaces pour la récolte 2021, idéalement en enrobage de semences et dans des conditions acceptables. Enfin, dans la relance de notre économie, une part doit être dédiée pour accélérer la recherche agronomique car les enjeux sont colossaux.

Monsieur Denormandie vous venez d’être nommé ministre de l’Agriculture : 45 000 emplois directs et indirects dans nos territoires vous regardent et attendent que vos ambitions se reconnectent à notre réalité.