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OUI à une meilleure valorisation des pulpes

Depuis la suppression des quotas en 2016, la majorité des planteurs se demandent : « Mais où est passée la valeur de ma pulpe ? » Rappelons que, contrairement aux idées reçues, le statut des pulpes n’a pas évolué avec la fin des quotas : elles appartiennent toujours aux planteurs ! Par conséquent, chaque betteravier est en droit d’attendre une compensation claire pour ses pulpes, qui tienne compte des possibilités de valorisation faite, dans la grande majorité des cas, par l’entreprise sucrière. C’est sur ce dernier point que réside le vrai changement. Sauf pour un usage personnel des pulpes par le planteur et quelques autres exceptions en France, c’est désormais le groupe sucrier qui se charge de valoriser la matière. Cette souplesse était une demande forte des sucriers partagée en son temps par une majorité de nos unités de déshydratation.

Malgré une réglementation imposant une différenciation de la valeur pulpe dans le prix de la betterave, nos industriels privés comme les coopératives ont chacun une politique très différente sur le sujet, de la plus transparente à la plus opaque. Cela ne facilite ni la compréhension ni la sérénité sur ce dossier, d’autant que des tensions entre les débouchés traditionnels et nouveaux sont palpables. Il est donc urgent de redonner de la clarté, de la visibilité et de l’équité à ce dossier afin de sécuriser l’approvisionnement du plus grand nombre, qu’ils soient éleveurs, unités de déshydratation ou méthaniseurs. Gérer la volatilité des approvisionnements et des prix tout en construisant dans le temps des filières à valeur ajoutée pour un segment qui représente près de 10 % de la valeur des betteraves, quelle équation !

« L’ensemble des groupes sucriers doit afficher clairement la juste valeur de la pulpe dans le prix de nos betteraves »

Donc OUI à un prix unique et transparent de la betterave, OUI à la notion de droits préférentiels pour les planteurs éleveurs et méthaniseurs et enfin OUI à une meilleure valorisation des pulpes pour les betteraviers. Bien sûr, nos usines de déshydratation indépendantes des groupes sucriers ne doivent pas être non plus la variable d’ajustement car, souvent, la déshydratation de la pulpe est synonyme de pérennité de la filière luzerne. Un juste équilibre doit être trouvé sans négliger à la fois rentabilité, compétitivité et valorisation pour le betteravier.

L’ensemble des groupes sucriers doit donc afficher clairement la juste valeur de la pulpe dans le prix de nos betteraves. Comme ils le font pour la quête permanente de compétitivité industrielle au sein des sucreries ou la recherche de valeur pour le sucre et l’éthanol, il doit en être de même pour la valorisation des pulpes. étant donné l’importance de ce dossier, une consultation nationale, regroupant les représentants des différents acteurs, ne serait pas superflue.

Alain Carré,
Président de la CGB Aube