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Renforcer la compétitivité

À quelques jours du démarrage de la campagne, les planteurs sont inquiets car leurs betteraves ont souffert de conditions climatiques extrêmes. L’été que l’on a connu est le plus difficile que les betteraves françaises aient eu à traverser depuis au moins 20 ans. Ceux qui doutent du changement climatique peuvent être rassurés, pour nous agriculteurs le sujet fait partie de notre présent et de notre avenir. Alors certes, cette année il faut que nos industriels adaptent au plus près du contexte local les dates de démarrage de campagne. Nous leur avons écrit pour que ces enjeux soient bien mesurés et que les bonnes décisions soient prises. Si ce point n’est pas anodin, particulièrement en temps de crise, d’autres enjeux très structurants devront être traités.

Force est de constater que les rendements betteraviers stagnent depuis dix ans et sont de plus en plus variables d’une année sur l’autre. Le nouveau contexte climatique affecte aussi notre plante. Il y a la question de la ressource en eau et évidemment de son stockage. Mais la problématique climatique a également un lourd impact sur les bioagresseurs de la betterave.

« La lutte contre le charançon est un sujet absolument
stratégique pour l’avenir de la filière »

A titre d’illustration, nous voyons le charançon migrer toujours plus vers le nord. La lutte contre le charançon est un sujet absolument stratégique pour l’avenir de la filière. Nous connaissons trop bien les ravages que cet insecte a pu causer en Limagnes ou même en Autriche.

Le plan stratégique que le ministère de l’Agriculture a initié sous la coordination de notre interprofession – l’AIBS – doit être l’occasion pour notre filière de porter des mesures nécessaires pour renforcer sa compétitivité et aller chercher de nouveaux leviers de valorisation. Cela pourrait à ce titre comporter un volet pour investir afin de trouver des nouvelles solutions pour lutter contre l’apparition de ce type de ravageur. Le travail d’élaboration de ce plan constitue une occasion de se mobiliser pour qu’à tous les niveaux de la filière nous puissions retrouver de meilleures marges.

Il semble que le gouvernement ait enfin pris conscience de l’urgence de relancer notre filière et d’avoir une réelle ambition stratégique pour un secteur betterave-sucre pourvoyeur d’emplois et de valeur ajoutée dans nos campagnes. À nous d’être convaincants et je suis certain que les pouvoirs publics nous aideront.