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à l’urgence sanitaire 
pour nos betteraves

Sachons répondre 
à l’urgence sanitaire 
pour nos betteraves

L’été vient de s’écouler et nous avons pu constater dans une large frange de la France betteravière la poursuite du jaunissement de nos parcelles. Plus du tiers de nos betteraves sont malades,et pour ces dernières le déficit final de développement s’établira probablement entre 30 et 50 %… sans parler des parcelles qui n’ont pas levé, celles soumises à stress hydrique ou encore celles touchées par les charançons.

Les annonces du ministre de l’Agriculture ainsi que de la ministre de la Transition écologique ont révélé une prise de conscience du gouvernement quant à notre réalité agricole : nous sommes aujourd’hui dans une impasse technique pour protéger nos betteraves contre la jaunisse qui est de nature à faire s’effondrer notre filière. L’inquiétude et le désarroi exprimés par nous, betteraviers, depuis de nombreuses semaines, ont fini par être compris. 

Le gouvernement propose ainsi d’introduire une modification législative pour permettre les autorisations d’urgence de néonicotinoïdes en enrobage de semence pour trois ans, d’indemniser les planteurs les plus touchés et de soutenir la recherche de solutions alternatives. De la même manière, il demande à notre filière de s’engager sur des plans de prévention, des plans d’accompagnement et à préserver nos sites industriels. Ces propositions vont dans le bon sens pour construire un mode de fonctionnement qui permette de pérenniser notre filière tout en apportant les garanties souhaitées autour des pratiques de notre secteur. Mais celles-ci vont devoir être concrétisées dans les prochaines semaines, ce qui appelle à la plus grande vigilance.

« La réalité agricole est méconnue de beaucoup de nos concitoyens »

Un projet de loi va être très rapidement proposé par le gouvernement qui va ouvrir un débat public et parlementaire probablement houleux jusqu’au vote à l’automne. Il s’agira que celui-ci demeure le plus factuel et pragmatique possible, il y va de l’avenir des exploitations, d’une filière et même de territoires.

Dans cette période, il sera également de la responsabilité de tous les betteraviers et de toute la filière d’expliquer la réalité de ses pratiques et le sens des responsabilités qui habite chacun. La réalité agricole est méconnue de beaucoup de nos concitoyens et parfois de certains de nos responsables politiques. Il est pourtant vital pour nos filières et notre souveraineté agricole que nos cadres réglementaires permettent le mieux  en évitant de rompre des équilibres.

Face au changement climatique qui favorise le développement de bioagresseurs, il est important que l’autorité publique dispose des outils pour gérer les urgences sanitaires qui frappent nos filières végétales. Cela constitue un prérequis régalien essentiel à l’avenir de notre agriculture.