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Sucre en juin: un marché mondial lourd, mais des frémissements du côté européen

Le marché mondial est très stable depuis le début de la campagne, et juin le confirme : le sucre blanc perd2,5 % et le sucre roux gagne 1,1 %. La différence entre les deux, que l’on appelle ‘prime de blanc’ est à un plus bas historique, autour de 50 US$/t.

Au Brésil, le retard dans la récolte se réduit, mais, entre le début de la campagne (1er avril) et le 15 juin, la baisse dans l’écrasement de la canne est encore à -4% comparée à la même période, l’an passé. Mais du fait d’une allocation à l’éthanol maximale (seul 33,4% de la canne du Centre-Sud produit du sucre), la baisse de production de sucre atteint 10 %. Mis sur le chiffre total  de production de sucre de l’an dernier du Centre-Sud, la baisse de production pourrait ressortir supérieure à 3Mt.

Du côté indien, la campagne se termine. Elle est vue relativement stable (35,8 Mt contre 35,3Mt l’an dernier), bien que la mousson soit très en retard : cela n’affectera que la campagne suivante. Sachant que les attentions de surfaces indiennes pourraient être en fort repli (jusqu’à -40% selon certaines sources, dans le Maharasthra, principal bassin producteur du pays), la baisse de production sur 2019-2020 serait de 5Mt.

Enfin, la baisse des surfaces en Thaïlande, selon FoLicht, pourrait également être à l’origine d’une baisse de production en 2019-2020 : 13,0Mt contre 14,8Mt en 2018/2019.

Les spéculateurs semblent d’ailleurs moins anticiper une baisse : ils sont nets de vendeurs de 5 Mt, c’est moitié moins qu’un mois auparavant. Mais cela ne suffit pas à faire remonter les cours, pas plus que la hausse du pétrole sur le mois (+5%), du Réal (+1%), des céréales (+6% pour le blé, +4% pour le maïs). Un frémissement reste toutefois perceptible : entre les deux premiers termes (octobre 2019 et mars 2020), la différence est de 0,9cts/lb : elle a rarement été si importante. On pourrait en déduire que,pour les opérateurs, les stocks mondiaux restent abondant dans le court terme,mais, à plus long terme (on pense à l’entrée en cycle déficitaire, à partir d’octobre prochain), les conditions de marché pourraient être plus encourageantes.

Au niveau européen, le dernier chiffre de l’Observatoire est celui d’avril dernier, à 311 €/t pour la zone incluant la France. Il s’agit de volumes contractualisé l’an dernier, avant connaissance des moindres disponibilités européennes. Le marché spot, certes sans volume, traduit cette moindre disponibilité et dépasse les 470 €/t rendu utilisateur français. Cela crée un appel aux importations et, en mai et juin, l’Union européenne a importé davantage de sucre qu’elle n’en a exporté : 300,000t sur ces deux mois, soit l’équivalent de la production d’une usine !

Côté éthanol enfin, l’éthanol européen est autour de 62 €/hl, avec une progression sur le mois qui s’explique par la reprise du pétrole, des céréales et de la demande (notamment française) mais également par la moindre disponibilité d’éthanol de betterave : selon certains analystes, les sucriers européens, contraint d’honorer des volumes contractualisé en sucre, pourraient être moins à même de profiter de cette embellie ?!

Dans tous les cas, les conditions de négociation, pour la campagne à venir,sont davantage en faveur des vendeurs : la campagne 2019-2020 verra une Europe une nouvelle fois importatrice nette, donc en prime d’au moins 100€/t par rapport à un marché mondial qui indique, à date, 300€/t sur l’échéance de décembre 2019 – et ceci, sans reprise du marché mondial.