Accueil / Edito / Une ambition pour la filière française

Une ambition pour la filière française

Notre filière est actuellement en proie à une crise telle qu’elle n’en a jamais
connue. Prix du sucre au plus bas, prix de betteraves effondrés, contractualisation ébranlée, pression phénoménale sur notre compétitivité et nos moyens de production, Brexit, menaces de fermeture d’usine… Cela aboutit à une crise de confiance profonde pour tous les acteurs de la filière.
Mais l’erreur face à l’adversité serait de reculer, d’abdiquer. En tant qu’agriculteurs nous savons que la vie professionnelle n’est pas un long fleuve tranquille. En tant que responsable agricole, je peux vous assurer que c’est en tenant un cap, avec ambition que l’on répondra aux défis auxquels on doit faire face.

Les promoteurs d’une décroissance, d’un repli rédempteur se trompent
de sujet quand les autres pays ne regardent pas dans le rétroviseur
et vont de l’avant. Cette ambition à laquelle on ne peut renoncer repose sur
un constat simple : notre filière dispose d’une excellence agronomique exceptionnelle au niveau mondial, ce qui couplé à des outils industriels performants doit nous permettre de développer une filière à haute valeur ajoutée sur nos territoires.

Ceci étant dit, il faut continuer à aller de l’avant en développant de la valeur par une juste segmentation de nos marchés,  en développant l’éthanol et en valorisant nos pulpes. La compétitivité est également le fer de lance incontournable de notre activité que ce soit à la ferme, au travers de nos semences et de nos machines, ou dans nos sucreries. Le tout en s’équipant d’outils pour piloter notre activité, nos investissements et nos risques au travers de contrats ou d’autres outils assurantiels.

Les solutions, nous les connaissons. Nous portons l’idée d’un plan de compétitivité ambitieux pour la filière betterave-sucre entre la profession, l’État et les territoires. Le ministre de l’Agriculture est à nos côtés, les présidents de régions betteravières sont à nos côtés, nos élus nationaux et locaux sont à nos côtés !

C’est bien dans l’adversité qu’il nous faut réaffirmer cette ambition.
C’est pourquoi la CGB continue à se mobiliser totalement aux côtés des planteurs de Saint Louis Sucre et en particulier de ceux de Cagny, d’Eppeville et même de Roye, qui seront indirectement concernés. Ces deux sucreries menacées de fermeture sont situées dans des bassins ultra-performants et toute notre expertise économique établit précisément que ces sucreries ont une véritable viabilité économique. Alors, ne baissons pas les bras, retroussons-nous les manches et avançons.